Ce matin j'ai filé mon discman au gars d'hier (par contre j'ai gardé mon Koss). Ça lui permettra d'écouter ses CD de cours d'anglais. Tant qu'à faire je lui laisse des CD. Quoi dedans, je ne sais plus... du J.-L. Murat peut-être bien... Il m'a filé un bonnet.
Après je me promène du coté de l'île où je ne suis pas allé. Un mec me dit que je devrais y aller parce que les gens de ce coté là ne voient pas souvent les touristes (et il y a un sens aigu de la communauté à Taquile). J'y vais. Ils ont même une chouette plage ici!




Ensuite je me perds un peu car il n'y a jamais de vrai chemin
ici... d'ailleurs il n'y a rien de rien!! C'est justement ça le charme
de ce lieu.
Temps habituel tout au long du séjour au titicaca: beau le matin, flotte
et un peu pourri à partir de 13:00. Finalement des gars m'indiquent
comment rentrer, et puis il est temps de partir pour 4 heures de bateau.
Au port je vois le bateau que j'avais pris pour venir, je demande au gars
si je peux rentrer avec lui et c'est OK. Par contre une fois dessus, il nous
dit qu'on va attendre un petit peu parce que à cause du temps le lac
est un peu dangereux, des bateaux sont partis mais sont revenus tout de suite...
mais finalement 10 minutes plus tard on y va. J'aurais bien voulu que l'on
rentre aussi tout de suite... les deux premières heures furent tout
à fait atroces, j'ai cru qu'on allait chavirer 10 fois. Je ne me concentrais
que sur une chose: quelle est la côte la plus proche, et serai-je capable
de nager jusque là bas... Finalement ca s'est calmé, mais je
l'étais moi aussi.

Les deux capitaines du rafiot ne font pas trop les malins non plus...
Bon, les deux dernières heures furent relativement
calmes. On est arrivé à Puno il faisait nuit et il pleuvait.
Il est amusant de constater que lors de tout mon séjour à Puno
il y avait toujours ces velos-taxis qui voulaient m'emmener ici et là,
et là pour une fois que j'en avais besoin et bien il n'y avait personne...
donc j'ai marché un peu sous la flotte avec mes sacs. Finalement une
fois vers le centre j'en ai chopé un pour aller à la station
de bus.
Là-bas je trouve un bus qui part à Arequipa à 19:00 pour
s/12. Juste le temps de manger une trucha a la plancha, et hop.
Le voyage commence à peu près correctement.
Bon certes, dès que ça descend un peu le gars coupe le moteur,
mais bon, après le bateau tout à l'heure ceci me fait à
peine froncer les sourcis.
Ensuite je dors un peu, puis quand j'ouvre les yeux je vois un peu de neige.
Je pense "enfin!" vu l'altitude... la deuxième fois que j'ouvre
les yeux, nous somme à l'arrêt. Puis on repart. Ensuite je me
rends compte qu'on avance à deux à l'heure en dérapage
permanent plus ou moins contrôlé, qu'il y a plein de neige, que
ce car est quand même assez pourri... bref, on est très mal partis!!
Vers minuit on s'arrête complètement et on ne bouge plus. Des
passagers commencent à gueuler "Vamos!! Vamonos!!" mais il
n'y a rien à faire. En fait je ne sais pas trop si c'est à cause
de notre bus, ou bien si la route est bloquée devant nous. Le chauffeur
laisse toutefois le moteur tourner, comme ça on ne meurt pas de froid.
Par contre la mort par asphyxie est possible. Je mets quand même collants,
sous-pulls et tout ce que j'ai de chaud, et ça reste limite. À
un moment dans la nuit l'homme fort du bus me balance une couverture... elle
pue et elle est gluante, mais je ne fais pas le difficile!

L'homme fort.
Évidemment tout cela est extrêmement inconfortable
et il est impossible de dormir. À vrai dire j'ai un peu peur qu'on
reste bloqués ici trop longtemps car on va finir par ne plus avoir
d'essence et on va crever. Je n'ai pas trop envie de repartir non plus parce
que une fois arrivés en haut, je suis persuadé que l'on va se
planter dans la descente... heum heum. Bon, on
ne sait pas trop ce qui va se passer...
Départ vers 8:00 du matin. On bouge! Ça glisse à mort.
Le mec freine une fois et on part en vrac. On repart. On passe
plein de véhicules des deux cotés... pourquoi est-ce que
nous on avance et pas les autres reste un mystère... peut-être
grâce à l'homme fort, qui maîtrise bien même avec
un bus pourri.
Bon, la bonne nouvelle c'est qu'il n'y a pas de grosse descente! Par contre
on voit quand même les dégâts: bus dans un camion, voiture
dans le fossé, bus dans la paroi rocheuse... finalement on s'arrête
régulièrement pour prendre les passagers d'autres bus, et je
me dis "on a un bus pourri, mais on est les plus forts!!"
À cause du moteur qui a tourné la nuit, l'homme fort passe faire
une petite quête pour qu'on puisse acheter un peu d'essence pour arriver
jusqu'à Arequipa.

Des bebêtes dans la neige à 4500m...

